Bernadette Nozarian « L’école à la maison c’est un choix de cohérence » 

Bernadette Nozarian a une formation pluridisciplinaire en sciences humaines. Elle est spécialiste de l’instruction hors école et mère de deux jeunes adultes éduquées hors école. Son livre « Apprendre sans aller à l’école » aux Editions Nathan est une référence dans le domaine.

Qu’est ce que l’école à la maison ?

Au niveau des appellations, je n’aime pas le terme d’ « école à la maison » ni même « instruction en famille ». « Ecole à la maison » cela n’a de sens que pour ceux qui transposent l’école à la maison, mais pour les Unschoolers, c’est inadapté car ce qu’ils vivent est tout sauf l’école à la maison. Je n’aime pas non plus « instruction en famille » car cela donne l’idée que l’on reste enfermé dans la famille alors qu’au contraire c’est une vie tellement ouverte sur le monde. C’est d’ailleurs une ouverture si extraordinaire que les familles ont plutôt envie de plaindre les enfants qui sont à l’école, enfermés dans une salle de classe avec seulement d’autres enfants du même âge et du même quartier.  

L’école à la maison, ce n’est pas une assurance tout risque. Ce n’est pas, par exemple, un recours parce que nous n’apprécions pas l’institutrice de notre enfant. Si cette institutrice pose problème il est préférable de s’expliquer avec elle, de rencontrer le chef d’établissement, l’inspecteur, régler la situation. 

L’instruction en famille n’est pas « contre » quelque chose. C’est un choix POUR. Pour construire une vie différente, basée sur des valeurs revendiquées autour du respect de l’individualité de chaque membre de la famille. 

C’est un mode de vie et non une méthode pédagogique, un mode de vie cohérent, réfléchi et assumé et différent selon les familles. Il est également choisi pour la liberté. Lorsqu’une famille s’engage sur ce chemin de vie, tous ses repères sont bousculés : professionnels, financiers et donc de consommation. Le rapport au temps, la symbolique de réussite sociale changent. L’idée « naturelle » de domination des adultes sur les enfants évolue. C’est une remise en question totale et permanente. C’est tout sauf quelque chose de calme et tranquille. Il faut être prêts à être chamboulé

Quel serait l’intitulé adapté ?

Je ne pense pas qu’il en existe un. Depuis quelques années, IEF – Instruction En Famille – est très usité, mais nous les anciens, nous utilisons encore « non sco », pour « non scolarisé, non scolarisant », ce qui n’est pas idéal non plus car cela laisserait supposer que l’école est LA norme. Mais spontanément c’est ce mot que j’utilise. Cela étant, la formulation que j’emploie aussi est « familles s’instruisant hors école » même si c’est un peu long. Bien que là encore, le mot « école » semble instituer une norme. Et je dis bien « famille » et non pas « enfant » car ce n’est pas seulement l’enfant qui apprend. Les parents grandissent énormément dans ce mode de vie. 

Quelle est la différence selon vous entre l’école classique et les familles s’instruisant hors école ?

Dans l’école classique, l’enfant n’existe plus en tant que personnalité individuelle, il est un élève. Un élève soumis à un certain nombre d’obligations : celle de venir quotidiennement à l’école, puisque généralement, personne ne lui a dit que l’école n’est pas obligatoire. Il est censé être le seul à apprendre, tel un récipient vide à remplir face à des adultes sachants. Ce qu’il doit apprendre lui est imposé par un cadre sur lequel il n’a aucune prise : programme, calendrier scolaire, emploi du temps, professeurs, rythme, notation, évaluations. S’il n’a pas bien compris une notion, il écope d’une étiquette dépréciative et, au mieux, doit suivre un module de soutien, sinon, il fait ce qu’il peut en queue de peloton.  L’enseignant doit passer à la leçon suivante et avancer sur le programme quoiqu’il arrive. C’est toujours le modèle prussien, dont parle si bien Salman Khan, qui a inventé quelque chose de tout à fait différent : la Khan Academy, (1)qui permet à chacun de prendre le temps nécessaire pour assimiler une connaissance avant de passer à la suivante.  Alors que dans la non-sco, finalement, l’enfant, et non l’élève peut être libre de tout : de son temps, de ce qu’il veut apprendre, avec qui, de quelle manière, quand, dans quel endroit, sans être noté ni évalué. 

Le bémol est qu’au fil des années, cette liberté est de plus en plus rognée par les lois successives. De plus, cette manière d’apprendre, tellement éloignée de ce qui se fait à l’école classique illustre le non sens que représente le contrôle de l’instruction, tel que prévu par le code de l’éducation. En effet, l’Education Nationale est juge et partie et la législation impose de plus en plus aux familles de suivre la progression nationale. C’est parfois mission quasi impossible pour les inspecteurs d’académie et les conseillers pédagogiques qui effectuent ces contrôles. Cette situation génère rancoeur, tensions, procès, départs à l’étranger… bref, dans de trop nombreux cas, il s’avère que la soi-disant confiance, dont le terme figure dans l’intitulé de la dernière loi en date du ministère de l’Education Nationale, est totalement inexistante. 

(1) la Khan est une organisation à but non lucratif ayant pour mission de fournir un enseignement gratuit et de qualité, pour tout le monde, partout. Les élèves pratiquent à leur propre rythme, en comblant d’abord leurs lacunes puis en accélérant leur apprentissage. Créés par des experts, les contenus de Khan Academy proposent des cours et des exercices fiables couvrant les mathématiques, les sciences et bien plus encore. Toujours gratuit pour les apprenants et les enseignants. (source https://fr.khanacademy.org)  

On dit souvent qu’il y a autant d’instructions que de familles, pourquoi  ?

En fait il y autant d’IEF que d’enfants. Car dans une famille, il peut y avoir un enfant qui va à l’école et un autre qui n’y va pas. Un enfant qui pendant une période va être hors école et pendant une autre période à l’école. Il y a aussi parfois des allers-retours. Alors bien sûr pas tous les jours, ce n’est pas l’enfant roi. 

Ces enfants savent que l’école existe, que c’est une possibilité, qu’ils ont le droit de ne pas y aller. Et que si ils y vont mais que leur scolarisation se passe mal, pour toutes sortes de raisons, ils pourront arrêter. Ils ont leur libre arbitre et c’est quand même la base du citoyen éclairé. 

Qu’est-ce que cela apporte à un enfant d’avoir le choix ? 

Cela lui permet d’exercer son esprit critique et c’est énorme. Je parle de la famille idéalement constituée qui va discuter chaque année avec ses enfants, de ce qu’ils veulent faire l’année suivante. Quand vous demandez à vos enfants d’exprimer leur souhait, en discutant en famille des implications de ce choix sur chacun des membres, c’est une formidable manière de les responsabiliser tout simplement.

A votre avis quand on quitte l’école, est-ce qu’il y a des choses que l’on perd ?

Pour certaines familles qui en ont besoin, elles perdent un cadre. Nous avons bien vu après le confinement du printemps 2020, des familles qui ont décidé de ne pas remettre leurs enfants à l’école mais qui étaient persuadées qu’elles allaient continuer à recevoir les devoirs, le programme… A partir du moment où une famille fait le choix d’arrêter la scolarisation,  elle doit se débrouiller. Elle perd ce cadre, le programme, la progression, les notes… Petit à petit ces familles verront que ce n’est pas si important. Elles auront d’autres références…

Et puis en quittant l’école, les enfants perdent les amis tout simplement. Ils peuvent espérer les voir après les cours mais ce n’est pas si simple car une fois que le copain scolarisé a terminé sa journée de cours et ses devoirs, il ne reste plus beaucoup de temps. 

Il y a une grande différence entre un enfant qui n’est jamais allé à l’école et un enfant qui devient non sco après une période de scolarisation. Un enfant qui a été à l’école auparavant a déjà pris des habitudes de fonctionnement, il est habitué à un cadre. Il a été formaté d’une certaine façon. Ce serait comparable au fait de parler une langue étrangère.On ne pense pas tout à fait de la même manière lorsque l’on s’exprime en anglais ou en japonais. Tout simplement parce que chaque langue a sa propre logique qui influe notre mode de réflexion

Un enfant jamais scolarisé a d’emblée d’autres repères. Il est d’usage de dire qu’il faut un mois par année d’âge de scolarisation pour que l’enfant scolarisé fasse son sevrage. Et les familles parfois s’affolent parce que pendant des mois, les enfants ne veulent plus rien faire. Ce temps d’adaptation semble leur être nécessaire pour passer à autre chose, à une démarche d’apprentissage autonome.

Quel est le gain majeur d’une vie hors système scolaire ?

La liberté. L’absence de formatage. Les enfants ont confiance en eux. Ils ne se prennent pas pour  des Mozart mais ils ont en revanche une idée assez claire de leur réelle valeur. Alors que les enfants scolarisés se sentent souvent résumés aux notes et aux appréciations des bulletins scolaires

Et ils ont toujours ce plafond de verre que leur mettent les professeurs. Même les professeurs bien intentionnés sont pris dans un système. Je pense à une famille au sein de laquelle une jeune fille a fréquenté quelques mois un lycée en seconde. Cette année-là quand elle avait dit qu’elle voulait passer un bac scientifique, il lui a été répondu qu’elle n’y arriverait jamais. L’année suivante, elle a intégré le LAP – Lycée Autogéré de Paris – en première.. Elle a travaillé dur et a réussi son bac S. Ensuite, elle a étudié quelques mois à l’Université puis a préparé le concours d’entrée à l’Ecole d’Infirmière. Aujourd’hui, c’est une infirmière épanouie aux urgences pédiatriques d’un hôpital. Sa chance, c’est la confiance en elle qu’elle avait accumulée pendant toutes ses années de non sco, cette confiance qui n’a pas été ébranlée par les jugements des professeurs. Elle a aussi su se donner les moyens et a été accompagnée par sa famille. 

Est-ce nécessaire à un moment de réintégrer le système scolaire ?

Réintégrer le système scolaire est possible, mais pas obligatoire. Pour certains, c’est vrai que c’est parfois plus simple pour passer le bac. Toujours dans cette même famille non sco, l’un des enfants a voulu passer le bac en candidat libre et il l’a raté alors qu’il savait qu’il avait le niveau et les bonnes réponses. Il a récupéré ses copies et il a compris que c’était un problème de présentation du travail, de méthode. Il a alors décidé d’intégrer le lycée pour apprendre à formater son travail à la demande. Et non seulement du coup, il a obtenu ce bac mais aujourd’hui il termine ses études de médecine.

Leur maman était professeur en Conservatoire et elle me disait qu’elle avait remarqué combien l’apprentissage de la musique chez les sco et les non sco est complètement différent. Les enfants scolarisés travaillent le morceau imposé et quand ils rencontrent une difficulté, ils ne vont pas au-delà, tandis que les non sco, non seulement ils ont plus de temps mais quand ils ne comprennent pas quelque chose, ils cherchent par eux-mêmes, par d’autres moyens et ils finissent par avancer. D’ailleurs, un certain nombre d’enfants non sco deviennent des musiciens de haut niveau. Il est vrai qu’ils ont le temps de travailler leur instrument et tous les autres cours du Conservatoire. 

A l’école, les enfants sont sur des rails, sur une autoroute. Il est important que ces enfants – et leurs parents – comprennent qu’il existe aussi tout un tas de petits chemins de traverses. Qu’ils ont le droit, s’ils le souhaitent, de s’y engager, sans avoir peur. Et de se faire mutuellement confiance.   

L’IEF est aujourd’hui une réponse à la problématique du harcèlement ?

Certaines familles déscolarisent leur enfant parce qu’il est en souffrance à l’école, que ce soit pour cause de violence, de harcèlement, de phobie… sans compter tous les dys, dyslexique, dyspraxique, les HP, les TDA/H etc…tous ces enfants qui peinent à trouver leur place à l’école. Parfois, ce sont même les enseignants qui ont l’honnêteté de dire aux parents « gardez-le parce que je ne peux rien faire de plus pour vous et pour lui »

Dans ces cas-là, l’IEF devient une solution d’urgence et nous assistons à deux cas de figures. Des familles cherchent à guérir l’enfant pour retrouver une solution scolaire. Des familles découvrent une vie tellement différente que même si l’enfant va mieux et serait en état de retourner à l’école il n’en est plus question car elles ont évolué vers autre chose. Et ce mode de vie amène d’autres questionnements.

En fait, les gens arrivent à la non sco par tellement de chemins différents.  Parfois avant même d’avoir des enfants, ou à leur naissance ou au moment de l’entrée en maternelle ou en primaire. D’autres y arrivent à l’occasion d’un deuil, d’une maladie, d’un accident. En tout cas, quelque soit le stade de la vie où la famille arrive à la no-sco,, il y a un moment où tout doit être en cohérence. Cela impacte la nourriture, le rapport à la santé, à l’écologie, l’habitat…

Les non sco sont très souvent dans le souci du respect de l’autre. Ce respect mène, par exemple, à la recherche d’une nourriture qui respecte son organisme et qui va être produite en respectant la nature. La grande majorité des familles non sco que je connais, même avec peu d’argent, mangent bio. C’est une évidence pour elles car c’est le respect de l’autre et de la planète. Toujours cette idée de cohérence. 

Les familles non-sco disent volontiers qu’elles peuvent inventer leur vie…

Elles font tomber tellement de barrières. Est-ce que l’adulte c’est celui qui a fini d’apprendre parce qu’il a plus de 16 ans ? Est-ce que l’adulte c’est celui qui a un travail à temps plein dans un bureau du lundi au vendredi ? Est-ce que parce que vous avez un diplôme, votre seul but est de gagner beaucoup d’argent ?  Quel est le sens de la notion de déclassement social ? Je me souviens avoir présenté une communication sur « les papas non sco » lors d’un colloque universitaire en étude de genre. J’avais été surprise de leur polyvalence. Ils avaient tous exercé plusieurs métiers, c’était passionnant. Certains voyagent au bout du monde pour les besoins du travail qu’ils se sont créé. Certaines mamans réinventent complètement leur activité professionnelle. Il y a beaucoup d’entrepreneurs. Il faut dire que cela parait difficile d’être salarié à la Sécurité Sociale ou aux Impôts, ou ailleurs, en étant non sco. Parce qu’un travail à plein temps à l’extérieur de chez soi est difficilement compatible avec ce choix de vie qui accorde une grande place au temps partagé et choisi.

Le rapport au savoir se modifie aussi, ce n’est plus quelque chose qu’il a fallu apprendre, parfois contre son gré, et recracher lors des interrogations, le savoir (re)devient naturel.  

Est-ce que tout le monde peut faire l’IEF ?

Non, car il est fondamental d’en avoir envie. Arno Stern dit dans le film de Clara Bellar(1) « « Nous n’avons jamais sacrifié notre vie à nos enfants. Nous l’avons partagée avec eux. Ce n’est pas la même chose ! »  » Tant que des parents auront l’impression de sacrifier leur carrière, leur budget, leur niveau matériel de vie, ils ne se sentiront pas bien donc ce n’est pas la peine de faire ce choix d’instruction hors école. C’est comme les mères qui allaitent à cause du regard des autres. Si elles ne sont pas à l’aise avec l’allaitement, il vaut mieux qu’elles donnent le biberon. Il faut faire ce que l’on sent au fond de soi, sinon ce ne sera qu’amertume à la maison et personne ne sera heureux.

(1)Être et Devenir est un documentaire français réalisé par Clara Bellar sur l’apprentissage autonome, l’éducation à la maison et la non-scolarisation. Il est sorti en 2014 et a donné lieu à un livre papier et ebook https://www.linstantpresent.eu/product-page/%C3%AAtre-et-devenir-faire-confiance-%C3%A0-l-apprentissage-naturel-des-enfants 

Il faut quand même un bagage culturel ?

Non, ce n’est pas nécessaire. Il faut de l’ouverture d’esprit, de la curiosité. Ce n’est pas la peine d’être bac plus beaucoup. Même si vous avez un doctorat, vous ne préparez pas vos enfants à l’agrégation. J’ai entendu parler d’une étude, que je n’ai pas lue, selon laquelle ce serait  les enfants des parents qui ont le plus faible niveau académique qui réussissent le mieux, car le parent n’écrase pas par sa science. Ils cherchent ensemble. 

Il est à noter qu’il y a beaucoup d’enseignants dans les familles non sco. Peut-être que ce sont ceux qui sont les plus critiques et les plus réalistes sur l’institution scolaire et ne souhaitent pas la reproduire. Peut-être qu’un ouvrier imagine que si son fils va à l’école, il bénéficiera de l’ascenseur social, qu’il évoluera… Mais un professeur connait le système et il a moins d’illusions. Tous les parents professeurs que je connais optent même pour le unschooling, c’est-à-dire qu’ils sont le plus loin possible de l’école. Cette configuration se retrouve aussi dans les équipes pédagogiques de nombreuses écoles alternatives, les écoles démocratiques notamment. Elles comprennent des anciens enseignants de l’Education Nationale et des parents non sco qui partagent leur expérience. Concernant les parents qui ont des métiers à horaires décalés et les parents séparés en garde alternée, l’instruction hors école leur permet de vivre davantage avec leurs enfants grâce à  tellement de souplesse dans l’organisation de la vie de famille.

On en parle peu mais il y a quand même des cas de burn out chez les mères de non sco ?

Un livre a été publié sur ce sujet aux Etats-Unis et il n’est malheureusement pas traduit en français. (2)

Il est important de souligner que les pères aussi semblent sensibles, selon une étude universitaire américaine. (3)

Les parents solo, notamment les mamans, qui sont plus nombreuses, comme dans le reste de la société, restent néanmoins les plus concernées, car elles subissent énormément de pression familiale et institutionnelle. D’où l’importance des relais, de l’entraide, du partage. Les copines, c’est la deuxième famille. D’ailleurs, chez les non sco il y a ce côté grande famille. Une de mes amies s’amusait quand elle me voyait arriver aux activités avec mes enfants, quand elles étaient petites, car, disait-elle, je ne repartais jamais avec le même nombre d’enfants. J’arrivais avec deux, je repartais avec une seule ou avec aucune ou avec d’autres en plus. Avec des amies, j’avais mis en place le système des Play groupes. Nous nous organisions entre nous, l’une recevait tous les enfants pour que chacune puisse avoir une journée dans la semaine où elle pourrait souffler et faire autre chose. Car l’organisation quotidienne repose beaucoup sur un seul parent. 

En fait ce mode de vie est un révélateur des défauts de notre société : peu de travail à temps partiel choisi, y compris pour les hommes, inégalités salariales, qui conduit à ce que ce soit souvent les mères qui arrêtent leur travail car il faut privilégier le salaire le plus élevé. Mais là aussi, l’inventivité est la règle et chaque famille imagine sa vie professionnelle et sa vie familiale en harmonie.  

(2) Lois, Jennifer.  2012. Home Is Where The School Is: The Logic of Homeschooling and the Emotional Labor of Mothering.  New York: New York University Press.

https://chssdepts.wwu.edu/people/loisj

(3) “I’m Sorry You Had a Bad Day, but Tomorrow will be Better”: Stratagems of Interpersonal Emotional Management in Narratives of Fathers in Christian Homeschooling Households

https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/02732173.2014.917577#.VF55uVOa9L4

Quels citoyens sont les enfants non sco une fois adultes ? 

Des citoyens libres, critiques, qui ne se laissent guère manipuler. Ils sont droits dans leurs bottes C’est peut-être ce qui dérange les gouvernements successifs et la raison pour laquelle, depuis 1998, toutes sortes d’accusations infondées pleuvent sur les familles : d’embrigadés dans des sectes à terroristes, en passant par radicalisés et délinquants. 

Le nombre de décrets, projets de loi et circulaires produits durant cette dernière vingtaine d’années à l’encontre d’un si petit nombre de personnes est incroyable. Ne peut-on pas parler d’acharnement politique ? A chaque nouvelle tentative d’interdire la non sco, les accusations changent au point que cela me fait penser à l’adage « quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage ». C’est pourtant absurde car il serait tellement plus constructif de vivre en bonne intelligence  et de respecter tous les modes d’apprentissage. D’autant qu’au final, les victimes de ces querelles politiques, ce sont les enfants. 

Quels livres recommanderiez-vous à quelqu’un qui s’intéresse au sujet ?

Si vous souhaitez vous engager dans ce mode de vie, humainement si riche, que ce soit dans l’urgence d’une déscolarisation face à un problème qui affecte votre enfant, après mûre réflexion ou suite à la lecture de mon livre, je vous suggère de commencer par « Libre pour apprendre » de Peter Gray, éditions Actes Sud/Play Bac 2016. Ce livre vous aidera à prendre conscience de l’importance du jeu, mais du jeu libre, sur le développent des enfants, de l’emprise de la scolarisation sur leur temps de vie et des dangers des occupations continuelles et obligées.

Néanmoins, vous pourriez vous inquiéter, craindre de ne pas être à la hauteur sur le plan pédagogique, face aux connaissances que votre enfant doit ingurgiter. Le livre d’Isa Lise, « L’école à la maison, Apprendre autrement », éditions L’instant présent publié en 2016 vous aidera à structurer, par matières, vos périodes d’apprentissage et vous donnera des idées de supports à utiliser. 

Lorsque vous sentirez suffisamment en confiance pour envisager d’introduire davantage de liberté et d’autonomie dans votre démarche, ce sera le bon moment pour lire le bref et dynamisant livre de Pam Larrichia « Libre d’apprendre : cinq idées pour vivre le unschooling dans la joie » éditions Living Joyfully Enterprises publié en 2014  https://livingjoyfully.ca/ 

Là, cerise sur le gâteau, vous savourerez pleinement le temps que vous passerez à réaliser les multiples idées que recèle le très riche livre de Monique Tedeschi, maman non sco spécialiste de la pédagogie Steiner, et auteure d’un magnifique site Chant des fées https://www.chantdesfees.fr/  « La pédagogie Steiner Waldorf à la maison. » sorti aux éditions La Plage en 2018. 

Si finalement, vous constatez que l’instruction hors école, pour quelques raisons que ce soit, ne convient pas à votre famille, mais que vous avez pourtant envie d’une scolarisation différente de ce que vous avez connu, le guide rédigé par Marie-Laure Viaud vous ouvrira des pistes. « Montessori, Freinet, Steiner… une école différente pour mon enfant ? » édition Nathan 2017. Et puis au cas où finalement, la non sco vous enverrait un nouveau clin d’oeil, il vous suffira de garder ce livre en main, car nous nous retrouverons  au dernier chapitre « L’instruction hors école ». Je l’ai écrit pour vous !

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